Minolta Rokkor & Helios 44m

Les deux objectifs posés côté à côté. L'hélios est un peu plus long. Ils ont tous les deux leur bague d'adaptation.
Les deux objectifs posés côté à côté, fixés sur leur bague d'adaptation.

Avant mon Lumix GX800, je n'ai jamais eu d'appareil numérique pourvu d'objectifs interchangeables et le réflex argentique (un Minolta XD5) que j'utilisais pour les cours de photos en secondaire n'avait qu'un seul objectif. De ce fait, avant l'année dernière, je n'avais jamais réellement apprivoisé mon appareil comme le couplage d'un boitier et d'une optique spécifique, offrant des possibilités mais posant aussi des contraintes à la prise de vue.

L'achat de mon téléobjectif et de mon objectif macro a été l'occasion de me documenter un peu mieux sur la norme micro 4/3, les objectifs compatibles et leurs spécificités. C'est alors que j'ai découvert qu'il m'était possible d'utiliser de vieux objectifs manuels comme celui de mon reflex argentique. Cela a bien sûr titillé ma curiosité et je me suis procuré, pour une vingtaine d'euros, une bague d'adaptation pour l'objectif de mon Minolta, un Minolta MD Rokkor 50mm. Peu de temps après, j'ai également eu l’opportunité de me procurer Helios 44m soviétique d'occasion, vendu directement avec sa bague d'adaptation M42 / micro 4/3. 

Un premier intérêt d'utiliser des vieux objectifs sur un appareil hybride est d'avoir accès à des optiques pourvues d'une grande ouverture à un prix abordable. Mon Minolta Rokkor 50mm dispose d'une ouverture à 1.7 et l'Helios une ouverture de 2. Par comparaison, mon objectif Lumix 30mm (qui est mon objectif macro mais aussi ma seule focale fixe Lumix) commence à 2.8.
Avec une ouverture plus grande, on laisse bien entendu passer plus de lumière, ce qui permet (entre autres) de réaliser des photos en basse luminosité sans devoir monter trop fortement la sensibilité ISO.

Un second intérêt consiste dans les effets qu'ils peuvent donner aux photos. Fabriqués avec les technologies de l'époque, ils peuvent présenter des défauts optiques conduisant à obtenir des effets particulier sur ses photos. C'est particulièrement le cas pour l'Helios qui, comme d'autres objectifs conçus selon les procédés de Carl Zeiss en Allemagne (l'Helios est en réalité une copie du Biotar 58mm de Carl Zeiss) , a la caractéristique de produire d'importants effets de bulles lorsqu'il est utilisé à grande ouverture. Il en résulte des boukeh particuliers pouvant donner lieu à des effets artistiques ou des mises en scène enchanteresses (quelques exemples ici).

Enfin, un dernier intérêt est bien sûr de redonner vie à de vieux objets (ce qui me plait assez en général 😁), en revisitant par la même occasion un peu l'histoire de la photographie.

L'Helios, comme l'objectif Minolta, sont cependant des objectifs complètement manuels et il est donc nécessaire de régler manuellement la mise au point et l'ouverture du diaphragme. Ils ne disposent pas non plus de stabilisation, ce qui peut poser problème pour des photos en basse lumière sans stabilisation intégrée au capteur de l'appareil.

Quelques premiers clichés pris avec le Minolta MD Rokkor 50mm (il fait quelques bulles aussi si on lui demande gentiment)* :

Quelques premiers clichés réalisés avec l'Helios 44m 58mm : 

S'il est facile de prendre des photos qui produisent des "bulles", il est moins évident de les positionner et d'éviter qu'elles ne prennent trop de place sur l'image au détriment du sujet : 

A l'issue de mes premiers essais, je suis vraiment contente de m'être essayée à réemployer d'anciens objectifs. Le fait de prendre des photos à l'aide d'un objectif manuel me pousse à réfléchir davantage à ce que je recherche lorsque je prends une photo et avoir un autre rapport avec mon appareil photo.

Depuis longtemps, j'utilise régulièrement mon appareil en mode manuel, mais cette pratique est toujours restée relativement marginale dans l'ensemble de ma pratique de la photo. Je préférais la spontanéité de capturer l'instant à la perfection technique, quitte à retoucher mes photos sur l’ordinateur par la suite. L'Helios et le Minolta m'obligent à entreprendre les choses différemment. Même si je crois que je préférerai toujours prendre des photos avec le mode automatique dans beaucoup de circonstances, ces objectifs me donnent l'opportunité de donner une place plus importante à l'expérimentation du mode manuel.

J'aime aussi la sensation de toucher lorsque je fais tourner les bagues du diaphragme et de mise au point de ces objectifs. Cela me donne un rapport à mon appareil différent qu'en pressant les boutons et en tournant les molettes. Cela me rappelle aussi le plaisir que j'avais à utiliser mon appareil argentique, tout en ayant les avantages du numérique.

Enfin, même si la qualité des photos que j'obtiens avec ces objectifs n'est pas forcément aussi bonne que celle que je peux obtenir avec mes objectifs Lumix récents, ils sont néanmoins tout à fait utilisables. 

*Le portrait n'est pas publié sous licence CC BY-NC-SA.

 

 

 

This article was updated on mai 11, 2021
Célo

Célo

Presque 30 ans et toutes mes dents (je crois !). Depuis l'enfance, j'ai toujours adoré prendre des photos, d'abord avec un petit appareil argentique puis, depuis 2006, avec un appareil numérique. Le reste du temps, je suis anthropologue et je m'intéresse au logiciel libre et à l'auto-hébergement.

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